Récit

LA PROMESSE (suite et fin)

« Marie, viens te réchauffer près du poêle, j’va prendre ta place », fit une voix qui lui sembla lointaine.

Lorsqu’elle releva la tête, Wilfrid, tout emmitouflé, se tenait près d’elle. Le sourire forcé de ce dernier tentait de paraître rassurant. Elle posa tendrement une main sur le front du petit malade, le tendit à son mari, puis se leva péniblement, les jambes ankylosées par le froid sibérien régnant dans la pièce.

De la belle visite chez les Lapointe

Claude était tellement content de revoir son grand ami Michel.  Ils sont arrivés aussi avec Fernand Labonté et Jocelyne Caron ainsi que leurs filles Maryse et Marie-Claude.  Je les gardais toujours avant qu’on déménage.  On était tellement heureux de voir du monde qu’on connaissait.  Cette journée-là, on avait ramassé des bleuets dans le petit bois derrière la maison. Maman avait fait cuire un bon rôti de bœuf et légumes et pour dessert on avait un pouding aux bleuets.  On aurait dit qu’on avait le pressentiment d’avoir de la visite. La maison était en fête!

La promesse (1e partie)

Ce matin de janvier, le froid s’amusait à fendre la pierre. Des arbres, qui en avaient après cette froidure les gelant jusqu’au cœur, rouspétaient en lançant des claquements secs.

Ce froid avait aussi faim de chaleur. Il s’insinuait sournoisement par les interstices entre les planches couvrant les murs de la maison et avalait goulûment la chaleur qui s’y approchait. Il laissait derrière lui ses excréments de givre blanc formant des protubérances sur les têtes de clous.

Patins de fille

Comme toujours, je suis partie seule, ce qui me fait prendre de grandes respirations et ouvrir large les bras devant l'immensité de la nature. Comme ça, j'ai l'impression que l'univers m'appartient ou pour le dire autrement, que j'appartiens à l'univers, c'est selon.

Sur le coup, je fus effrayée, seule sur la rivière, où il y avait par endroit de l'eau en surface et que possiblement la glace n'était pas gelée dans toute son épaisseur sécuritaire.

Famille Jos Lapointe, le grand départ pour les USA

Grand-maman Lapointe était bien consciencieuse quand elle conduisait et ne voulait pas enfreindre la loi. Quand on est arrivés au centre-ville de Montréal, on était en train de traverser l’intersection quand le feu vert a changé au jaune.  Sans perdre de temps, ma grand-mère a appuyé sur le frein et a commencé à reculer.  Ma mère a dit : « Mme Lapointe qu’est-ce que vous faites là? »  Ma grand-mère a répondu : « Tite-fille on ne passe pas sur une lumière jaune ».